"Nielles"

"Telluriques"

TELLURIQUES
(Lustin)

A l’ardu dénudé des flancs de carrière,
Les cintres craquent et s’inclinent au ventre
Sous le poids du val des calcaires à chaux

Les lamelles affinent et pincent un secret
A longueur d’échelle de siècles infinis
Sur la mort du moindre des germes

Essoufflées, elles renoncent à la chauffe,
A l’éclat fugace d’une mémoire aveugle,
Se corsètent en dignes filles d’entremise

Quand, ingénue, s’épanche une source innocente,
Elles saignent bleu leur embarras jusqu’au sol,
A la fange irisée des litières langoureuses

Vont-elles éventer, verser le vœu des tréfonds,
Assumer un espoir, un filon en vue d’une issue,
Le geste du bel amour aux folles délices ?

Il y manque le vide qui moule et façonne le désir,
D’autant que les humains foulent dru leur espace,
Bourru des capitons de leurs solitudes ajoutées

Acharnez-vous, messieurs, à chiffonner vos mines,
A raviner vos visages sous l’oppression coutumière !
Et fignolez vos faces fascinées, d’un fossile achevé !