Luc Moës

"Sillons"

 

La solitude surprend soudaine et surtout
Où venait juste de surgir une espérance

Du vent, du souffle mais jamais de pluie
Tant les anges se peignent les ailes !

Les glycines osent l’assaut de leurs vrilles intrépides
Sentant aux rives siamoises qu’elles fleuriront d’entrelacs

Les frémissements du printemps à l’orée de l’été,
Dès l’éveil du soleil jusqu’aux nuits denses d’autant

Que faut-il faire de ce printemps ?
D’amples provisions de lumière

Cette ténèbre pour épaisse qu’elle paraisse,
Augure déjà d’illustres aurores

D’âpres regrets me forgent des grilles d’enfer
Auxquelles je grimperai à coups de force poignets

À l’issue des pires sentences, néanmoins,
Il reste, honte bue, à aimer le coupable

Guéris du lancinant murmure
De n’être plus qu’un âpre et vicieux jaloux

Dieu est personne sur qui l’on peut poser
Le front de ses yeux clos d’expir

Mes mailles au lac à tel point baillaient lâches
Qu’il m’y prit l’idée de devenir passeur d’âmes

Curieux comme peut peser le péché, le passé,
L’impuissance à penser un projet qui plaise

A choisir, je préfère l'enclume
Le marteau ? C'est tellement massif !

Celui qui s’approche fait la part belle
Aux possibles, à l’avancée

Privé soudain de la brise exquise des sous-bois,
J’ai gagné l’orée où sentir les magies de l’espace

J’envie déjà ces moments d’évidence
Comme un ciel vif, sans la moindre nue

Plante au point focal de ta parabole
L’arbre branchu aux mille et un oiseaux