Luc Moës

"Au gré des jours de plume"

Canada

 

Le si plaisant depaysement sur des espaces qui permettent et offrent a quiconque du monde de prendre le large, de delier des langues les plus universelles, jadis ennemies, de tenir parole sans fremir ni mentir, d’accueillir avec bonhomie et respect l’etranger avec ses potentialites et sa reconnaissance, de pallier au dehors les politiques du pire que d’autres pourraient proner pour le monde, de plaider toujours en faveur de la paix, de promouvoir en premier les pauvres, d’aller au besoin secourir les humains au creux d’une crise, de preferer, en somme,  miser sur les pouvoirs du cœur.

 

Et vous, les amis du Rwanda, qui etes ici les hotes de marque du plus grand pays du monde a la fin du siecle dernier, vous avez fui alors, au temps des massacres, cette honteuse et innommable Horreur-la ! A pied, vous vous etes trace, en pelerins pacifiques et paumes comme Job, une voie au travers de votre continent, des oceans, … Malgre l’effroi des routes, la vie en vous a dejoue les chicanes les plus insidieuses de la mort.

 

Restez aujourd’hui les intrepides artisans de l’esperance ! Souvenez-vous en, des depouilles fraiches ou faisandees qui jonchaient les sentiers de vos marches forcees. Dites : « Je  me souviens ! » des malheurs d’antan, pour en changer magnanimement le signe. Vous y trouverez le sens engageant et neuf de vos prochaines demarches, le germe plus ferme, fecond de la concorde, de l’unite.

 

Il vous appartient, auriez-vous pourtant tourne la page, de ne pas perdre l’image des collines ancestrales ou l’homme ne s’est jamais fait tout seul, meme  s’il ne peut etre aime de tous. Ou lui, l’homme sait qu’il est finalement un fruit de l’echange. Prenez la douce peine de penser ainsi que l’espoir est encore permis, en depit de tout. L’Europe aussi a pu panser ses plaies, renaitre de ses cendres, et pas n’importe lesquelles. Les pires adversaires sont devenus les plus proches partenaires. Il y a partout un Phenix, en forme de colombe devenu pour la circonstance, prêt a porter un rameau, les arrhes de la paix, s’il vous plait !

 

Partant, que nul n’echappe a l’invite des peuples de partout qui aspirent a l’echange, a la prise en charge fraternelle des peines propres a chacun, pourvu que s’amenuisent la rancœur et le ressentiment, voire en depit des logiques partisanes et pueriles.  Puisse la planete devenir la plus peuplee des vastes prairies ou il plaise a tout homme « d’etre davantage humain qu’important » !   

 

 

                                    Fahler (Alberta), 12 juillet 2007        Luc Moes