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Tous novices !

UN COMMENTAIRE DU CHAPITRE 73 DE LA REGLE DE SAINT BENOIT

Au moment où saint Benoît signe les dernières lignes de sa règle, il se tourne vers les grands moines qui l’ont précédé, vers ceux qui, avant lui, ont fait les premiers pas pour proposer une certaine manière de mettre l’Evangile en œuvre. Et saint Benoît ne manque pas de le rappeler aussi : c’est sous l’autorité divine qu’il faut vouloir vivre et se trouver ; c’est la Parole de Dieu, l’ancien et le nouveau Testament, qu’il faut vouloir assimiler pour y trouver une direction, de quoi nous aider à conduire notre vie.

 

Tout n’est pas dit dans la règle. Il y a, pour chacun et chacune de nous, un espace qui reste à remplir, une page qui reste à écrire, pour dire notre recherche de Dieu, pour traduire notre disponibilité à l’œuvre de Dieu, notre désir de rejoindre l’obéissance du Christ, notre amour de ce qui était dans le cœur du Christ lui-même et à quoi il a fait allusion quand il a dit : Je suis doux et humble de cœur.

 

Tout n’est pas écrit dans la règle. Saint Benoît ne désire pas codifier ces moments où la fidélité à Dieu prend une tournure parfois inattendue. Dans la pratique de l’obéissance, il peut y avoir des choses impossibles. Saint Benoît ne dit pas lesquelles. Il propose une manière d’y réagir. Il sait qu’on n’enferme pas la recherche de Dieu dans des catégories, mais il sait aussi qu’il faut être aidé et guidé pour trouver le chemin de celui qui nous appelle à vivre de lui.

 

Avec l’aide du Christ, nous dit saint Benoît, accomplis cette toute petite règle. C’est encore une manière de nous faire confiance, de nous encourager à poursuivre la route. S’il nous invite de cette façon-là, c’est qu’il a confiance dans la grâce du Christ, dans la force de son Esprit. Qui que tu sois, dit-il, qui te hâtes vers la patrie céleste ; qui que tu sois que le désir de Dieu habite ; qui que tu sois que la recherche de Dieu a guidé vers la vie monastique. Qui que tu sois : ce n’est pas un commun dénominateur, ce n’est pas un fourre-tout destiné à englober n’importe qui ; j’y vois bien davantage le souci qu’a saint Benoît de rejoindre chacun personnellement, où qu’il en soit de son itinéraire, où qu’il en soit de ses forces et de ses faiblesses, pourvu que le désir soit resté intact.

 

Dieu n’est jamais celui qu’on croit être. C’est une des grandes leçons cachées dans ce dernier chapitre de la règle. Pourquoi, sinon parce que Dieu est amour ? Et l’amour est toujours au-delà…Et, en la matière, nous sommes toujours des novices.