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Une tête de carême ?

Faut-il avoir une "tête de carême" en Carême ? Notre vision du Carême est celle d'une époque de l'année qui apparaît comme pénible, austère, rigoureuse. La meilleure preuve qu'on puisse trouver, c'est que la veille c'est tout l'inverse : on ne se prive de rien quitte à s'en rendre malade ! Je pense que cette vision met les choses à l'envers. Cela veut dire que le Carême devrait être une période qui soit de moins en moins pénible depuis le mercredi des Cendres jusqu'au vendredi saint puis à Pâques. Le Deutéronome nous disait qu’il s’agit d’une question de bonheur ou de malheur, une question de vie ou de mort. L’évangile aussi du reste.

Le Carême, un chemin pour retrouver ce qui nous fait vivre, ce qui nous fait vivre de plus en plus jusqu'à la résurrection, qui est la vie en plénitude. Et Jésus nous dit que pour vivre véritablement, pour vivre pleinement, il faut prendre un risque, celui de perdre ce qui fait le plus clair de notre temps, reconnaissons-le : Les petits bonheurs faciles et immédiats, ce que l’évangile appelle "le monde entier. » Le carême est un temps qui nous est proposé pour retrouver l’essentiel, c’est à dire le bonheur de la vie dans le christ ressuscité, et cela commence dès aujourd’hui.

 

Traditionnellement, on demande pendant le Carême de jeûner, de faire l'aumône et de prier plus afin de se préparer à Pâques. Ce qui veut dire que pour arriver à la vie véritable, il faut retrouver ce qui nous fonde véritablement à savoir nos rapports à nous-mêmes, nos rapports aux autres, et nos rapports à Dieu. Il y a toujours ces trois pôles fondamentaux dans toute vie chrétienne, et leur équilibre nous épanouit, nous fait grandir vers la vie éternelle.

 

Aujourd'hui, il y a plusieurs façons de jeûner, c'est à dire de retrouver un juste rapport à soi. Il y a 1001 manières de faire l'aumône, c'est à dire de vivre un juste rapport avec autrui, et c'est la même chose pour notre relation à Dieu. Mais en tout cas, il y a un critère pour voir si on est dans le bon, c'est celui du bonheur qui grandit en nous, autour de nous et dans notre relation à Dieu. Si nos efforts de Carême dans ce retour à notre source vitale et à notre équilibre spirituel nous rendent malheureux, irascibles, et nous empêche de prier, c'est alors qu'il faut changer quelque chose, car on fait peut-être un effort très louable, mais il ne mène pas vers la vie que nous propose l’évangile.

 

Ce que je nous souhaite, c'est de vivre une période passionnante pendant laquelle nous assainissons cette source d'eau pure au fond de nous-mêmes, le lieu où Dieu réside, afin de pouvoir rayonner de cette joie de Dieu.