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Une maison pour Dieu

Homélie pour le 25° dimanche du Temps ordinaire de l’année B

 

« Une fois à la maison » — Entre l’annonce par Jésus de sa passion, la rivalité des disciples et le petit enfant modèle, l’évangéliste signale un changement de lieu : « Une fois à la maison ». Entre Jésus marchant, traversant la Galilée et enseignant ses disciples, et Jésus assis, Jésus est entré dans une maison.

 

Quelle est cette demeure bénie qui a le privilège de recevoir Jésus, d’abriter ses propos intimes, son repos, sa prière ?

 

 

 

La maison de Capharnaüm où Jésus s’arrête n’est pas sa maison. Une fois sur les routes de son ministère, Jésus n’a plus de domicile fixe. Il a une famille, il n’a pas fondé la sienne. « Le Fils de l’Homme n’a pas où reposer la tête ». Depuis le jour où il est monté du temple à l’âge de douze ans, il a virtuellement quitté ses parents : « Je suis aux affaires de mon Père » (Lc2, 49). Quand sa mère et ses proches viennent l’extraire de la foule qui l’entoure (Mc 3, 31-35), il répond « Quiconque fait la volonté de Dieu voilà mon frère, ma sœur, ma mère ». À Capharnaüm, la maison où il descend est une maison amie, ce n’est plus la demeure de sa jeunesse, ce n’est pas le foyer qu’il pourrait fonder. Quand Jésus se rend à Jérusalem, c’est dans la maison aimée de Lazare, Marthe et Marie qu’il trouve le vivre et le couvert : là non plus, il n’est pas chez lui. Et pourtant il est reçu en prince : lui assis, comme à Capharnaüm, Marthe le sert, Marie à ses pieds.

 

 

 

Car Jésus n’a pas sa maison. Mais tout qui l’accueille devient sa vraie maison. S’il avait sa maison, aucune autre ne pourrait devenir la sienne. Mais il n’a pas son toit, et désorais chaque famille qui le reçoit devient son toit, sa maison. Aux apôtres et aux disciples envoyés en mission, il donne la même directive. Les Actes et les Lettres attestent le même primat de l’hospitalité. La maison qui reçoit le porteur de l’Évangile est bénie.

 

 

 

Dans la maison de Capharnaüm, Jésus se retrouve avec ses disciples dans une maison dont nous savons seulement qu’elle avait au moins un enfant. Quant aux disciples, ils s’inquiètent de préséance et se bercent d’illusion, un comble après que Jésus leur a annoncé sa passion.

 

Alors Jésus se repose un moment de la compagnie de ces Douze compliqués en embrassant l’enfant de la maison où il est accueilli lui-même, il déclare : « Celui qui accueille un enfant m’accueille ». Il va plus loin : « Celui qui m’accueille, accueille le Père ». Celui qui accueille l’enfant accueille le Fils, et sa maison est la maison du Père. Les Douze ont-ils compris ? Du moins, ils ont entendu puisque cette parole est venue jusqu’à nous. Ils comprennent à retardement, comme nous.

 

 

 

Et aujourd’hui, la maison de Dieu, où est-elle ? Dans nos demeures familiales ou dans cette église ? L’Évangile donne la réponse. Toute résidence humaine peut être la maison de Dieu. Le toit sous lequel nous vivons tous les jours est l’abri que Dieu donne à sa propre présence ; toute famille appelle la protection et la présence du Père des cieux. Et le ciel ogival bleu profond sous lequel nous nous rassemblons est l’aile protectrice de Dieu sur l’arche d’Alliance, si vraiment nous recevons ici les pauvres et les pécheurs que nous sommes.

 

Il serait beau que Jésus ose ici nous confier son souci : le chemin de croix qu’il sait devoir suivre et que son Église suit après lui ; il serait beau que Jésus puisse se reposer de nos complications ambitieuses et retrouver sous les artifices la simplicité des enfants que nous ne cessons pas d’être.

 

Et dans cette simplicité, on ne distinguera plus, frères et sœurs, qui accueille et qui est accueilli, car chacun est le temple du Saint Esprit, car la maison de Jésus à Capharnaüm ou chez vous ou ici, c’est déjà la maison du Père.