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Assomption

L'Assomption, le terme d'un pèlerinage

 

L’Assomption de Marie se situe à la fin d'une vie qui ressemble à toute vie. Nous ne devons pas l'oublier. Comme l'a dit Vatican II, Marie elle aussi a accompli son pèlerinage en progressant dans la foi. Les occasions de conversion n'y ont pas manqué et dès le début.

 

Lorsque l'ange vient lui annoncer qu’elle sera la Mère du Sauveur, Marie éprouve un grand trouble. Elle éprouve comme une rupture avec son passé. Celui-ci était bon et saint. Mais la voilà confrontée avec une situation toute nouvelle. Ce ne sont plus seulement les textes de l’Écriture qui lui inspirent son attitude. C'est Dieu lui-même qui lui propose directement un chemin inédit. C'est un recommencement, un changement de cadre, une conversion. Marie s'y engage avec foi et amour.

 

Nous aurions tort de croire que tout cela est allé de soi. Même si marie est envahie d'une joie tellement grande qu'elle doit pouvoir la partager. Ce qu’elle fait avec sa cousine Élisabeth. Dans un esprit de service total, Marie a accepté une toute nouvelle vision de sa propre vie. Elle en conçoit une joie indescriptible.

 

Les années difficiles sont cependant encore à venir. Tout l'Évangile nous le montre : Marie va devoir prendre, progressivement, la direction d'un détachement toujours plus grand.

 

Dès l'enfance de Jésus, l'épisode du Temple montre que Marie ne comprend pas. Et on souffre toujours de ne pas comprendre. Elle accepte cette souffrance et accueille le détachement qui lui est demandé. Détachement qui va, d'ailleurs, s'accentuer tout au long de la vie publique de Jésus. Sa mère et ses frères n'ont même plus l'occasion de le voir, nous est-il dit. Extérieurement, Jésus ne manifeste aucune préoccupation spéciale pour sa mère : sa mère, c'est celui qui fait la volonté de Dieu ; le vrai bonheur, ce n'est pas d'être sa mère, mais d'entendre la parole de Dieu et de la mettre en pratique.

 

Marie apprend aussi ce que signifie concrètement une parole qu'elle a dite: « Voici la servante du Seigneur. Son rôle c'est de s'effacer, de laisser agir Jésus comme il l'entend. C'est Jésus qui sauve, ce n'est pas Marie; elle doit l'accepter, ne pas vouloir se mettre à sa place. Elle ne pourra même pas mourir à la place de son Fils, comme peut-être son cœur de mère en aurait fait le souhait. Seul compte le dessein de Dieu et non son projet personnel.

 

Au pied de la croix, Marie est encore renvoyée à son pèlerinage de foi, à sa marche sur la même route que tous les hommes, sur la route de l'Église. Femme, voilà ton fils, dira Jésus en désignant l'apôtre Jean, voilà celui avec qui tu dois continuer à marcher. Marie se retrouvera au milieu de la communauté primitive, partageant les joies et les souffrances des lendemains de Pâques.

 

La gloire de Marie, célébrée au jour de l’Assomption, n'a de sens que si elle est rattachée à son pèlerinage sur terre. Mieux encore, si elle est considérée comme le terme et le couronnement. Marie a vécu ces choses fortes, difficiles, pleines d'exigence, elle les a vécues pour Dieu, dans une ouverture incessante à ce qu'il attendait d'elle : Elle reçoit alors de partager la vie de son Fils ressuscitée.

 

C'est l'itinéraire de tout baptisé. Il ne faut pas séparer, la gloire de Marie et ce qu'elle a vécu sur terre. Il ne faut pas davantage séparer Marie de tout le peuple de Dieu, de toute l'Église. La vérité de la liturgie de l’Assomption est à ce prix. Tous les pèlerins de la foi accepteront de le payer avec un cœur joyeux.