Teksten om mee te nemen

Pâques

Il vit et il crut. Ces deux petits mots devraient nous suffire aujourd'hui. Ils disent tout ce qui s'est passé dans le coeur du disciple. Ils évoquent ce qui a bouleversé son coeur. Ils résument ce qui l'a traversé ce matin-là et qui a planté en lui une certitude inébranlable : celui qui était là est vivant. Il vit et il crut. Ces deux petits mots sont aussi ce à quoi nous sommes invités ce matin de Pâques.

Voir. Cela veut dire qu'il y a eu quelque part un signe, un déclic qui a fait que le disciple a reconnu ce qu'il cherchait, et que nous sommes tous en train de chercher. Cela veut dire que, tout d'un coup, sa vision s'est élargie et qu'il y a une évidence qui est venue l'habiter tout entier. Ce que nous voyons est en dehors de nous; mais le fait de voir, cela se passe à l'intérieur de nous-mêmes. Ce que nous entendons, la voix de quelqu'un, cela vient de l'extérieur; mais c'est à l'intérieur que nous la reconnaissons, c'est à l'intérieur que nous entendons. Et ce n'est pas pour rien que Jésus ressuscité s'est fait reconnaître en se faisant voir comme en faisant entendre sa voix.

 

Mais ici, il n'y a rien de nouveau à voir. En tout cas, il n'y a pas d'apparition du Christ ressuscité lui-même. Et il n'y a rien à entendre, aucune voix qui frappe les oreilles. Alors qu'est-ce que cela veut dire : il vit et il crut ?

 

D'abord cela nous dit que, chacun et chacune, nous pouvons voir le Christ ressuscité, puisque le disciple l'a vu, alors qu'il n'avait devant lui qu'un tombeau vide. La découverte du Christ ressuscité est comme un passage que nous franchissons et qui nous oblige à quitter nos vues étroites, à voir les choses autrement, qui nous oblige à nous convertir, selon le mot si évangélique que Jésus a employé dès le début. Nous convertir, accepter de voir les choses autrement, de l'intérieur.

 

Aujourd'hui, nous devons être disponibles à cette démarche. Nos questions sont toujours là. Nos angoisses sont toujours là. Nos souffrances et nos épreuves sont toujours là. Nous les voyons. La résurrection nous apprend à les voir autrement, de l'intérieur. Nous sommes invités à comprendre ce que Jésus a dit : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il ne peut pas donner du fruit. Voir, dans la lumière de la résurrection, c'est voir le fruit qui jaillit du grain qui meurt. C'est ce que le disciple a vu le matin de Pâques : le fruit extraordinaire sorti de la mort de Jésus, à partir du moment où il a accepté de la voir autrement, de l'intérieur.

 

Il vit et il crut. Il n'y a rien qui a l'air de le justifier, il n'y a rien sur quoi on puisse apparemment s'appuyer. Cela nous dit encore et toujours que la résurrection c'est un don, c'est une grâce, c'est quelque chose qui se reçoit. Depuis sa tombe, Jésus a reçu le don de l'Esprit, de la vie. C'est son Père que le lui donne. La résurrection ne peut pas être autre chose pour nous. Le signe de ce que Dieu veut nous donner, à tous, sans exception; le signe aussi de la manière dont il veut nous le donner, de l'intérieur, au coeur même de la réalité, sans la déformer, sans la camoufler, sans vouloir s'en échapper.

 

Pâques ne nous invite pas à oublier. Au contraire, c'est à partir de ce moment-là que les disciples sont retournés à ce que Jésus leur avait dit, à ce qu'ils avaient vécu avec lui. C'est à partir de ce moment-là qu'ils ont vraiment vu et qu'ils ont cru.

 

Pâques nous invite à voir, à croire. A vivre.