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Jésus et la pauvre veuve du temple

Ce texte bien connu du sou de la veuve est habituellement compris comme l’éloge de la veuve qui a donné tout ce qu’elle avait pour vivre même si la somme est insignifiante contrairement au riche qui investit dans le temple. On en fait souvent un éloge de la générosité, et c’est vrai.

Je voudrais cependant me situer sur un autre plan. Le contexte de ce récit m’y engage.

En amont de ce texte, Jésus a complètement disqualifié les autorités religieuses (dont il est dit qu’ils « mangent les maisons des veuves » notez le mot maison et bien sûr les veuves, et en aval, il évoque la disparition du temple, maison de Dieu dont il ne restera plus pierre sur pierre.

La scène est construite sur le contraste entre l’attitude des riches qui mettent beaucoup d’argent dans le tronc du Temple (le « trésor » ) et la veuve « pauvre » qui met la plus modique somme qui soit ( « un quart de sou » ). Jésus appelle ses disciples pour commenter ce qu’il vient de voir. Le commentaire est introduit par un « Amen » solennel (v. 43), ce qui souligne l’importance de cette déclaration.

Deux points sont à relever concernant le commentaire que fait Jésus du geste de la femme. Tout d’abord, à aucun moment il ne félicite la veuve ni ne porte un jugement moral sur son geste. Il relève simplement qu’elle a donné plus que les riches. Ceux-ci en effet, malgré l’importance de leur don, ne sont pas prisonniers de leur geste, ils n’y jouent pas leur vie, à la différence de la veuve qui, dans cet acte apparemment insignifiant a donné « de son manque, tout ce qu’elle avait. Elle a jeté toute sa vie (v. 44). »

Je crois que ce récit est un récit symbolique qui signale deux choses : Tout d’abord l’absurdité de l’acte de la veuve : Elle est prisonnière d’un système organisé par le sacerdoce du temple qui l’incite à donner sa vie pour un édifice appelé à disparaître et qui ne sauve pas. Deuxième chose : Ce don absurde et inutile devient une parabole de ce que vit Jésus dont lui aussi, la vie sera jetée.

Jésus met en exergue deux choses : Primo, la logique du monde qui relève de l’absurde (donner à fond perdu pour une institution en faillite, dirait-on aujourd’hui) et secundo, sa propre image dans cette veuve qui donne toute sa vie de façon absurde. On peut lire en effet derrière le geste de la veuve la parabole de la mort absurde du fils bien-aimé jeté hors de la vigne et pourtant pierre angulaire d’un édifice nouveau.

Juste avant sa mort, Jésus nous donne le secret de sa mort qui approche, cette femme est l’icône de Dieu. Dieu qui donne tout, tout ce qu’il a pour vivre. Dieu, de riche qu’il était, s’est fait pauvre pour nous enrichir, nous dit saint Paul. L’amour ne calcule pas. Dieu est amour, il ne calcule pas.

On dit souvent que l’amour est plus fort que la mort, et c’est vrai. Mais pour cela il faut qu’il soit plus fort que la vie. Jésus se voit raconté en cette femme, il comprend qui Il est. Ici, Dieu et l’homme sont métaphore l’un de l’autre.