Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 71, 1-5) Le monastère n'est pas une pyramide

1Ce n'est pas seulement à l'abbé que tous les frères doivent rendre le bien de l'obéissance; il faut encore qu'ils s'obéissent les uns aux autres. 2Ils sauront que c'est par cette voie de l'obéissance qu'ils iront à Dieu.

3Plaçant avant tout les ordres de l'abbé et ceux des responsables qu'il a établis ordres auxquels nous ne permettons pas de préférer les directives d'origine privée 4tous les jeunes obéiront pour le reste à leurs anciens, en toute charité et empressement.

5S'il se rencontre quelqu'un qui ait l'esprit de contestation, il sera châtié.

Très clairement, saint Benoît élargit le terrain de l’obéissance bien au-delà de la seule relation du moine et de l’abbé. Il en fait le lien qui unit les uns aux autres les membres de la communauté. Aujourd’hui, on dirait qu’il ne s’en tient pas à une conception pyramidale de la communauté, c’est-à-dire hiérarchique et verticale. Sans renier l’autorité de l’abbé, il voit aussi les choses de façon plus transversale, un peu sous la forme de réseaux dans la communauté.

Les moines découvrent qu’eux aussi doivent administrer le monastère. Ils doivent réaliser qu’il n’y a pas de monopole d’autorité, qu’ils doivent s’appuyer les uns sur les autres pour apprendre et progresser. Eux aussi auront une influence sur le cours des choses, partiellement sans doute et seulement s’ils s’agrègent intelligemment les uns aux autres. Et non pas dans la dépendance du seul bon vouloir d’une autorité supérieure.

Qui ne voit l’accent particulièrement actuel d’une telle vision des choses ? Bien plus, d’une telle vision des hommes, des moines.