Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 70) Pas de violence au monastère

1Il faut éviter dans le monastère toute occasion de présomption: 2aussi ordonnons-nous qu'il ne sera permis à personne d'excommunier ou de frapper l'un de ses frères, à moins qu'il n'en ait reçu pouvoir de l'abbé.

3Ceux qui commettront des fautes seront repris devant tout le monde, afin que les autres en conçoivent de la crainte. (1 Tm 5,20) 4Les enfants, jusqu'à l'âge de quinze ans, seront sous la garde et la surveillance de tous les frères; 5mais cette vigilance s'exercera avec mesure et intelligence. 6Quant à celui qui se permettrait, sans l'ordre de l'abbé, de réprimander d'une façon quelconque des frères plus âgés, ou qui s'emporterait contre des enfants sans discrétion, il serait soumis à la discipline régulière, 7car il est écrit: "Ce que tu ne veux pas qu'on te fasse, ne le fais pas à autrui." (Tb 4,16 ; Mt 7,12)

Qu’elle soit physique, verbale, qu’elle prenne encore une autre forme, la violence, dans ce qu’elle a de non contrôlé, n’a pas de place au monastère. Les plus âgés comme les très jeunes constituent une cible terriblement facile. Aussi saint Benoît attire-t-il particulièrement l’attention à leur sujet : il faut être vigilant, mais sans dépasser la mesure et en restant intelligent.

Quand il parle de peine et de punition – et il ne se prive pas de le faire – saint Benoît ne cesse de plaider pour que les choses soient faites intelligemment. Il sait trop que la violence peut se cacher au cœur même de l’innocence, ne demandant qu’à trouver la porte de sortie. Elle ne peut donc être le critère des relations entre frères, sauf à faire perdre la paix aux cœurs.

La violence n’est que la manifestation d’une volonté de puissance. De façon cachée, saint Benoît demande que l’amour soit l’ultime éclat de la toute-puissance. L’amour qui n’écrase pas, qui ne regarde pas de haut, qui ne jalouse pas, qui ne violente pas, qui respecte, qui aime.