Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 66, 3-4) Etre accueilli dès le seuil

3 Aussitôt qu’on aura frappé ou qu’un pauvre aura appelé, il lui répondra Deo gratias ou Benedic. 4 Puis, avec toute la mansuétude que donne la crainte de Dieu, il s’empressera de donner réponse avec une charité fervente.

Comme toute porte d’entrée, tout lieu d’accueil, la porterie du monastère est le sas qui permet de quitter le monde d’où je viens et de pénétrer dans le monde vers lequel je me dirige. On perd les repères du premier, on espère acquérir les repères du second. Il est donc important d’être accueilli, pour conjurer l’éventuelle angoisse devant le vide et l’inconnu.

S’entendre dire Deo gratias (équivalent de Dieu soit loué) ou Benedic (souhait de bénédiction), c’est entendre une invitation à se laisser mettre dans le contexte. L’arrivant, tout inconnu qu’il soit, est un signe de la présence de Dieu. Il est accueilli comme tel. On rend grâces parce qu’il est là, on bénit la source de bénédiction qui se présente sous la forme de l’arrivant.

Lu ici le premier jour de l’an, ce chapitre a de quoi éclairer et nourrir les innombrables souhaits qui s’échangent à cette époque. Nous quittons une année pour entre dans une autre, un monde encore inconnu. Il faudra y reconnaître le signe de la présence de Dieu. Se mettre dès le début dans le climat d’action de grâces et de bénédiction, c’est accueillir celui qui vient, si inconnu soit-il. C’est s’empresser de lui donner réponse avec une charité fervente.