Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 58, 17-18) La promesse du moine (2)

17Avant d'être reçu, il promettra donc publiquement, dans l'oratoire, stabilité, vie religieuse et obéissance 18en la présence de Dieu et de ses saints.

Stabilité. Peut-on s’engager à durer sans crainte de s’user ? Peut-on concevoir de ne pas être bouleversé par tous les inévitables changements que comporte une vie ? Ne serait-ce que le passage de la jeunesse à l’âge mûr, de l’âge adulte à celui de la vieillesse ? Où trouver ce que la durée ne peut pas user, qui n’a pas de fin, qui peut-être n’a pas non plus de commencement ?

Obéissance. Peut-on lier sa liberté au bon vouloir d’un autre ? Un homme aurait-il le droit d’abandonner à un autre le soin de décider de son destin ? Où trouver alors la relation qui n’exploite pas, la soumission qui n’écrase pas, l’abandon qui ne démissionne pas ? Où trouver le vis-à-vis qui respecte, qui épanouit, qui libère ?

Vie religieuse. Conversion. Est-ce possible de changer radicalement ? Peut-on procéder à une telle refonte de soi-même, sans cesser d’être qui on est ? Où trouver le moteur d’une telle transformation ?

Où, sinon dans l’amour tellement bien chanté par saint Paul ? Généreux, prévenant, ne faisant pas de zèle intempestif, sans vantardise, ne cherchant pas son intérêt, trouvant son plaisir dans la vérité, supportant tout, se fiant à tout, résistant à tout. Ne cessant jamais.