Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 56) L'abbé, accueillant et accueilli

1L'abbé prendra toujours ses repas avec les hôtes et les pèlerins. 2Quand les hôtes seront moins nombreux, il pourra appeler à sa table ceux des frères qu'il voudra. 3Toutefois il laissera toujours avec les frères un ou deux anciens pour le bon ordre de la discipline.

Saint Benoît prévoit que l’abbé prenne ses repas avec les hôtes et les pèlerins. Il prévoit également que la cuisine de l’abbé et des hôtes se fasse à part (53, 16). En se trouvant à la même table qu’hôtes et pèlerins, l’abbé montre concrètement que l’accueil se pratique au nom de toute la communauté qu’il représente ; donc, accueillant. Il se montre également du côté de ceux qui sont reçus, partageant leur condition ; donc accueilli. Accueillant au nom du Christ, accueilli au nom du Christ qu’on voit en lui. Hôte, dans les deux sens que lui donne la langue française : celui qui reçoit, celui qui est reçu.

Etre appelé à la table de l’abbé n’est pas un honneur pour les frères. C’est une invitation à être soi-même hôte, accueillant envers les personnes qui se présentent à la porte du monastère, mais se considérant aussi comme accueilli en tant que pèlerin, proche dans la foi. Hôte avec l’abbé, hôte avec les hôtes.

Cela ne justifie jamais le désordre. Celui-ci ne vient que sur un sentiment d’abandon, de négligence dans l’attention apportée à chacun. C’est encore et toujours par amour de sa communauté que l’abbé doit assurer, auprès des frères, une présence qui prolonge la sienne, en quelque sorte, qui en prolonge la qualité et la chaleur, qui prolonge la présence du Christ.