Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 49, 8-9) Approbation et prière

8Chacun cependant soumettra à son abbé ce qu'il se propose d'offrir à Dieu et n'agira qu'avec sa prière et son approbation : 9car tout ce qui se fait sans la permission du père spirituel sera imputé à présomption et à vaine gloire, non à mérite.

A la fin de son exhortation sur le carême, saint Benoît introduit le dialogue entre le moine et son père spirituel. Dialogue où il n'est pas seulement question d'une nécessaire approbation, mais où il est fait appel à la prière de l'abbé.

La relation d'obéissance se double ici d'une relation quasi liturgique. Le disciple ne fait pas que se soumettre au jugement de l'abbé, il se soumet aussi au contexte de sa prière, qui va l'entourer, l'accompagner et le soutenir tout au long des jours du carême.

Si l'obéissance du disciple vient à manquer, c'est la porte ouverte à la vaine gloire. Mais si la prière du père spirituel vient à manquer ? C'est la sécheresse sans doute qui s'annonce, le tarissement rapide de la source.

Période par excellence du moine et de la vie monastique, tout autant que de la vie chrétienne, le carême ne peut pas se vivre en dehors d'une relation où chacun apporte du sien et fertilise l'autre. Le carême ne peut pas se vivre en dehors de l'amour.