Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 49, 7) Qu'il attende la Pâque

7 Il attendra la sainte Pâque avec la joie du désir spirituel.

Nous ne sommes pas ici dans le simple décompte des quarante jours dont est fait le Carême. Si la vie du moine devrait être en tout temps celle du carême, cela s’applique ici aussi. Attendre la Pâque, c’est ce que le moine devrait faire toute sa vie, sans négligence aucune. Attendre la Pâque n’est pas une affaire de saison, c’est l’affaire de toute une vie.

Saint Benoît situe d’ailleurs cet exercice dans la liste des instruments des bonnes œuvres (4, 46), liste quotidienne s’il en est. Il insère ainsi la trame pascale dans la vie de tous les jours, il fait de la vie de tous les jours le lieu de déploiement du désir pascal.

Pâques ne fait donc pas que clôturer une période liturgique. Attendre la Pâque, c’est se relier au formidable torrent de désir qui a lancé Dieu sur les chemins de l’humanité, qui lui a fait épouser ses grandeurs comme ses faiblesses, ses lenteurs comme ses impatiences, ses opacités comme ses lumières, sa mort comme sa vie. Attendre la Pâque, c’est se laisser porter par l’Esprit qui a conduit Jésus du désert à la croix et de la mort à la vie dans le cœur du Père. Ce fleuve ne régresse pas, il ne connaît pas le reflux. Il ne peut que se jeter dans la communion de Dieu.