Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 49, 6) Dans la joie de l'Esprit Saint

6Chacun offrira de sa propre volonté à Dieu, dans la joie du Saint-Esprit, quelque pratique surérogatoire. (1 Th 1,6)

Saint Benoît, soucieux comme toujours de l’ordre dans la communauté, prévoit pour celle-ci la manière de vivre pendant le carême : temps à accorder à la lecture et au travail (48, 14), horaire des repas (41, 7). On peut penser que le choix d’un livre à lire intégralement (48, 15-16) fait déjà davantage droit à une certaine diversité, en relation avec la personnalité et la formation du moine. Cette diversité s’accentue encore avec le choix de « pratiques surérogatoires », choix laissé à la discrétion de chacun.

Dans ce contexte, la joie de l’Esprit Saint prend une autre dimension que la simple joie libre avec laquelle il faut entrer dans ce mouvement d’ascèse. La joie de l’Esprit Saint, c’est aussi et d’abord la joie dans la communion. Elle laisse place à une éventuelle émulation dans la ferveur, elle exclut toute comparaison et rivalité. Elle peut susciter l’admiration, elle exclut la jalousie. Elle accueille dans l’humilité, elle fait fuir l’orgueil.

Là où les frères pourraient « s’enorgueillir de leur bonne observance « (cfr Prol. 29), là même où le moine se décide le plus personnellement à engager ceci ou cela, la joie de l’Esprit Saint les garde de tout individualisme mal placé. Là même où les frères pourraient s’autoriser de grandes diversités, l’Esprit Saint les garde en communion les uns avec les autres.

Dans la joie de l’Esprit Saint, dans la joie de la relation, dans la joie de la communion, dans la joie de l’Eglise, dans la joie de Pâques.