Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 49, 2-3) Durant ces jours saints

2 Nous exhortons tous les frères à vivre en toute pureté pendant le Carême, 3et à effacer, en ces jours saints, toutes les négligences des autres temps.

Le Prologue de la règle parlait de jours heureux (15), posant la question de savoir si le moine fait partie de ceux qui les désirent. Les jours du carême ne sont pas seulement des jours heureux, ils sont aussi des jours saints. Et le moine est tout autant invité à vouloir les désirer.

Jours saints, comme l’est la Pâque à laquelle ils conduisent. Comme l’est le service (5, 3) auquel le moine s’engage par la profession. Comme le sont les lectures dont il se fait volontiers l’auditeur et le lecteur (4, 55). Comme le sont les enseignements du Seigneur (Prol. 35). Comme l’est tout ce à quoi le moine aspire (4, 62), laissant au besoin, loin derrière lui, l’appellation elle-même de sainteté.

Jours saints, plutôt que sacrés. S’il est vrai que le sacré tue là où le saint pacifie. S’il est vrai que seule la sainteté se révèle féconde et enfante. S’il est vrai que le saint fait s’accorder amour et vérité (Ps 84, 11). S’il est vrai que le saint jette l’humanité dans l’humilité et l’humilité dans l’humanité.

Ces jours saints nous ramènent ainsi à l’humus de nos origines, en même temps qu’ils nous conduisent aux sommets qui nous attendent. De la racine de notre nom au nom nouveau (Ap 2, 17) de notre vocation.