Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 45, 1-2) Avoir l'humilité de ses manquements

1Lorsque quelqu'un se trompe en récitant un psaume, un répons, une antienne ou une leçon, s'il ne s'en humilie point sur place, devant tout le monde, en faisant satisfaction, il sera soumis à une correction plus sévère: 2c'est qu'en effet il n'a pas voulu corriger par un acte d'humilité la faute qu'il a commise par sa négligence.

« C’est une grande chose de prier sans distraction, mais une plus grande encore de psalmodier sans distraction. » Cette citation des Pères du désert montre en quelle estime ils avaient le psautier. Saint Benoît rappelle qu’ils le disaient en un seul jour (18, 25). Une négligence en ce domaine, voire une simple distraction, ne peut donc pas être un banal manquement à des règles d’exécution. C’est une entorse faite à la prière, qui plus est à la psalmodie, pour parler comme les Pères du désert.

La satisfaction que demande saint Benoît est une prise de conscience, bien plus qu’une réparation. Toute négligence introduit une rupture dans la prière, elle desserre un lien qui est censé se nouer, elle introduit une distance là où on cherche au contraire à se rapprocher. Dans ce cas-ci, se rapprocher de Dieu et des autres.

S’humilier sur place, c’est reconnaître ladite négligence sans délai, sans postposer, parce que c’est urgent. Le faire devant tout le monde, c’est rappeler l’horizon ecclésial de toute prière. Un horizon que toute négligence détériore, que toute humilité construit ou reconstruit.