Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 7, 62) L'humilité auréolée ?

62 Voici le douzième degré d'humilité : le moine non seulement possède cette vertu dans son coeur, mais encore la manifeste au dehors par son attitude.

De nombreux tableaux et portraits nous y ont habitués : les saints ont une auréole. Anges, archanges, martyrs, vierges, confesseurs sont ainsi entourés d'une lumière qui marque leur transfiguration. Saint Benoît y songe-t-il, quand il demande que l'humilité du moine soit visible, jusque dans son corps ?

Nous parlons souvent d'un visage qui rayonne la bonté, la ferveur, l'intelligence, l'amour. L'extase ne se conçoit pas sans une sorte d'énergie intérieure qui ne peut se contenir. Comme une gloire éclatante qui émane du corps devenu corps glorieux.

Ainsi l'auréole fixe la lumière qui émane d'une source intérieure. Ainsi le moine non seulement possède l'humilité dans son coeur, mais encore la manifeste au dehors, quasi sans le vouloir. La source est dans son coeur, l'humilité s'en échappe, comme dans une lueur dorée.

Seuls les grands peintres ont réussi à fixer cet instant privilégié. Seul un regard humble sera suffisamment perçant pour déceler le halo de lumière entourant le corps du moine humble.

Il élève les humbles (Luc 1, 52).