Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 7, 26-30) Vigilance humble et sans crainte

26Si, donc, les yeux du Seigneur considèrent les bons et les méchants, (Pr 15,3)
27si, du haut du ciel, le Seigneur regarde continuellement les enfants des hommes, pour voir "s'il en est un qui ait l'intelligence et qui cherche Dieu"; (Ps 13,2)
28si, enfin, les anges, commis à notre garde, lui rapportent quotidiennement, jour et nuit, nos actions, concluons, mes frères, qu'à toute heure nous devons être vigilants.
29Craignons, en effet, que, selon la parole du Psalmiste, Dieu ne nous surprenne à quelque moment dévoyés dans le péché et devenus mauvais. (Ps 13,3)
30S'il use d'indulgence en ce temps-ci, parce qu'il est bon et attend que nous nous corrigions, redoutons qu'il ne nous dise un jour: "Tu as fait cela et je me suis tu."(Ps 49,21 ; Si 2,13)

Faut-il craindre cette transparence continuelle dans laquelle Dieu et l’homme vivent ? Faut-il avoir peur des messages incessants qui lui parviennent à tout moment, de la part des anges ? Sont-ils à sens unique, porteurs ou rapporteurs seulement des écarts de tout genre ? Les anges ne sont-ils pas aussi les messagers du regard que Dieu porte sur les bons et les méchants, désireux d’en trouver un qui ait l’intelligence de le chercher ?

La vigilance du moine ne peut pas être simplement craintive, sur le qui-vive d’être prise en défaut. Si elle est faite d’amour, l’humilité ne pourra qu’être ouverte à la présence incessante de Celui pour qui et par qui elle est précisément ce qu’elle est. S’il est vrai que les anges se déplacent à la vitesse de la pensée, le moine vigilant et humble saura toujours que Dieu est là, pour lui dire son pardon, sa miséricorde, son amour. Qui pourrait avoir peur d’une telle présence continuelle ?