Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 7, 5-9) L'humilité, facteur de rencontre

5Si donc, mes frères, nous voulons atteindre au sommet de l'humilité parfaite, et parvenir rapidement à cette hauteur céleste, à laquelle on monte par l'humilité dans la vie présente,
6
il nous faut dresser et monter par nos actions cette échelle qui apparut en songe à Jacob. Il y voyait des anges descendre et monter.
7
Cette descente et cette montée assurément ne signifient pas autre chose pour nous sinon que l'on descend par l'élèvement et que l'on monte par l'humilité.
8
L'échelle en question, c'est notre vie en ce monde, que le Seigneur dresse vers le Ciel, si notre cœur s'humilie.
9
Les côtés de cette échelle figurent notre corps et notre âme; sur ces côtés, l'appel divin a disposé divers degrés d'humilité et de perfection à gravir.

Unir le monde et le ciel, les faire se rencontrer, faire en sorte qu’on puisse aller de l’un à l’autre et de l’autre à l’un. Tel est le défi rencontré et relevé par cette échelle de Jacob dressée comme un programme au cœur de l’humilité du moine. Mettre en relation ce qui paraît être rebelle à toute relation possible. Faciliter le passage.

Déjà nous avons tant de difficultés à penser le corps et l’âme sans les tenir éloignés l’un de l’autre, voire séparés. Que dire alors du ciel et de la terre, de Dieu et de l’humanité ? Surtout si l’échelle accueillante aux anges est faite de nos actions. Peut-on même y songer ?

L’échelle présente des degrés à gravir. Elle présente bien davantage un lien, une connexion, un facteur de paix pour des réalités ou des personnes qui semblent si loin l’une de l’autre, un gage d’amour. L’humilité est la porte d’accès. Le ciel est son véritable horizon.