Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 4, 49) Sous le regard de Dieu

4, 49 Tenir pour certain qu’en tout lieu Dieu nous regarde

 

Il y a, dans ce conseil, la conviction de l’omniprésence de Dieu. Mais Dieu peut-il ainsi serrer au plus près, dans l’espace comme dans le temps, les innombrables démarches et déplacements de l’humanité ? Sous peine de se diluer dans une nébuleuse infinie, Dieu peut-il être présent là où sont l’éclair et la foudre, là où l’astronomie découvre sans cesse de nouveaux météores, là où la génétique ne cesse d’investiguer les mystères de la vie ?

Les sciences nous ont appris que Dieu ne se tient pas derrière l’éclair. Caché dans son désert et dans son cloître, le moine n’a pas à ignorer les découvertes de son siècle. Le voilà, lui aussi, invité à cette ascèse d’un type nouveau, qui conduit à la découverte de la véritable identité de Dieu, donc aussi à la découverte de son véritable mode de présence, de sa véritable manière de regarder.

Tenir pour certain que le regard de Dieu se rencontre en tout lieu, c’est peut-être tenir pour assuré que cette présence de Dieu a de quoi apporter un sens à toute étape de la vie. Plus qu’une présence toujours difficile à discerner et identifier, n’est-ce pas plutôt une relation continuelle que le moine est appelé ainsi à vivre ? Caché derrière l’épaisseur des choses, Dieu ne cesse d’offrir la possibilité d’un regard sans cesse créateur. Chercheur de Dieu, par vocation, le moine est invité à scruter les endroits où se pose ce regard et à s’y offrir sans crainte.