Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 4, 39) Ne pas murmurer

Saint Benoît demande au moine de ne pas murmurer. A-t-il pensé au peuple de Dieu qui murmurait dans le désert ? Souvent la tentation est là de relâcher son effort, de regretter ce que nous avons laissé derrière nous, comme au désert le peuple regrettait l'Egypte qu'il avait quittée.

Saint Benoît a beaucoup parlé de murmure à propos de la nourriture et de la boisson. Mais aussi à propos des cuisiniers, des frères qui doivent servir les repas. Peut-être savait-il que la nourriture est un domaine sensible ! Dans ce contexte, il laisse entendre qu'il y a parfois de justes causes de murmure. Mais, ce qui est plus remarquable, c'est son attention à ne pas mettre les frères dans des situations accablantes, qui engendrent découragement et murmure.

ON veillera, dit-il, à donner aux frères les aides dont ils ont besoin. Même si c'est vrai que, pour cela, il faut avoir des frères en nombre suffisant, il faut y voir aussi un instrument de l'art spirituel, empêchant que le murmure se répande. L'entraide fraternelle, si modeste soit-elle, doit apaiser l'âme d'un frère qui peut en avoir besoin. Au lieu de séparer le murmurateur, saint Benoît demande qu'on s'approche de lui, qu'on l'aide à déraciner la cause de son murmure. Quand les frères murmurent parce que la source où il faut chercher l'eau est trop éloignée du monastère, saint Benoît en creuse une à leurs pieds.

Nos journées sont remplies d'occasions d'aider nos frères, de creuser aux pieds de chacun la source de paix dont il aura besoin pour continuer la route, heureux de se savoir soutenu.