Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 4, 8) Honorer tous les hommes

Saint Benoît fait à l’abbé du monastère un devoir de regarder tous ses moines avec le même regard de père. Il n’y a pas lieu de se laisser guider par des distinctions de race, de culture, de statut. Seul le progrès spirituel autorise ce que nous appellerions une faveur. Ou, à l’inverse, l’affadissement spirituel motivera ce que nous appellerions une sanction.

Saint Benoît attire aussi l’attention du portier comme de l’hôtelier, en recommandant d’apporter un soin tout particulier à la réception des pauvres et des pèlerins, sans égard pour le rang social.

Cette invitation à une charité universelle est proprement évangélique. Elle se fonde sur la parole du Christ lui-même : « c’est à moi que vous l’avez fait » (Matt. 25, 40). Un profond sens de l’humain rejoint ainsi le plus pur évangile, pour s’ouvrir à quiconque et honorer chez lui ce qu’il apporte d’unique à toute l’humanité.

Saint Benoît demande aux moines de s’honorer mutuellement (RB 72, 4), mais aussi d’étendre la même démarche à tout homme.