Commentaires de la Règle de saint Benoît

(Prol 50) Persévérer jusqu'à la mort

50 Ne nous écartant donc jamais de son enseignement, et persévérant jusqu'à la mort dans sa doctrine au sein du monastère, participons par la patience aux souffrances du Christ pour mériter d'avoir part à son royaume. Amen.

Persévérer. A la fin du prologue de la règle, au moment où il va baliser un chemin pour celui qui veut s’engager comme moine, saint Benoît évoque le long terme. Il fera de même à la fin de la règle, au dernier chapitre, précisant à nouveau le but à rechercher et auquel il promet de parvenir.

Persévérer. Cela évoque la durée, la constance, la stabilité à laquelle le moine s’engage au jour de sa profession. Saint Benoît permet au moine de devenir ermite, mais seulement après avoir duré longtemps dans la vie communautaire. De même, il met la persévérance du novice à l’épreuve, avant de l’engager plus définitivement dans la vie monastique.

Durer fait ainsi passer par toutes sortes de stades. L’identité du moine s’y crée jour après jour. Elle englobe donc toutes les réalités rencontrées et que nous qualifions parfois trop vite de contradictoires. L’identité du moine ne sera pas à chercher dans tel idéal dessiné une fois pour toutes. Elle est, à la lettre, cette persévérance quotidienne qui marche, achoppe, trébuche, tombe, se relève, recule, avance, mais toujours poursuit inlassablement. L’être du moine est fait de tout cela que nous pensons trop souvent comme des opposés ne pouvant s’accorder. La persévérance du moine ne peut rien oublier du passé, rien négliger du futur : il lui faut tout réunir dans le présent.