La visite virtuelle

L'église

L'église donne tout son sens au reste des édifices qui se regroupent étroitement autour d’elle.

Elle est le point de ralliement de la communauté monastique qui vient y prier à certains moments de la journée. Le matin, ce sont les laudes, les premières louanges du jour; à midi, l’Eucharistie qui réunit les chrétiens autour de la Parole de Dieu et du Corps et du Sang du Christ; dans la soirée, les vêpres; et enfin le soir, l’office des vigiles et de complies achève la journée de prière de la communauté. Pour célébrer ces offices, deux lieux sont prévus : la crypte, en semaine, durant l’hiver; ou l’église, tous les dimanches, les jours de fête et durant l’été. L’église accueille tous ceux qui y passent, pèlerins, touristes, croyants et incroyants. Elle se veut un lieu où les gens peuvent prendre le temps de prier, seuls ou avec les moines, réfléchir, s’y sentir en paix. L’église est un sanctuaire de pèlerinage à saint Benoît. Elle reçoit ceux qui s’adressent à lui avec confiance. C’est pour toutes ces raisons qu’on demande à ceux qui y viennent d’y garder une attitude de respect, non seulement envers Dieu, mais aussi envers toutes les personnes qui veulent s’y recueillir et prier.

Voyez la construction de l'église en 1879, l'intérieur de l'église en 1886 - remarquez qu'elle n'a pas encore ses fresques -, une représentation de l'église abbatiale avec ses couleurs et la crypte actuelle.

Un ensemble néo-gothique (1880-1900)

Celui qui s’offre aux yeux du visiteur d’aujourd’hui n’est plus tel que voulu et réalisé, voici un siècle, par l’architecte et les décorateurs. Il y manque la couleur, car l’art néo-gothique était, dans toutes ses expressions, essentiellement polychrome. Il voulait produire un effet puissant sur l’imagination des fidèles, les conduire hors du temps, dans le monde de Dieu et de ses saints, dans une beauté idéale partout répandue. Tous les arts avaient été appelés à collaborer pour créer cet ensemble rutilant, brillant et flamboyant.


Ses transformations

Vers 1955-1958, une modification fondamentale est apportée à l’église. La nouvelle pastorale préconise une participation plus active des fidèles à la liturgie. Le maître-autel est ramené de l’abside au carré du transept, sur une vaste plate-forme qui domine la nef. Simultanément, le culte de saint Benoît d’abord fixé dans le transept nord (gauche), est transféré vers l’entrée, sous la tour sud. Pour la mise en œuvre de la nouvelle liturgie et dans un esprit de simplicité et de sobriété, on supprime la décoration néo-gothique à l’exception de l’ensemble des vitraux. Ainsi, après ces transformations, l’abbatiale de Maredsous apparaît-elle aujourd’hui comme un compromis entre un monument néo-gothique et la tentative d’adapter cet édifice à une nouvelle esthétique et à une nouvelle liturgie.

L’église abbatiale reste l’un des plus beaux exemples de l’architecture néo-gothique, sobre et sévère. Un long vaisseau de 8 travées (en tout 80 mètres) est divisé en deux parties égales par un vaste transept. De l’entrée à ce transept, est la nef des fidèles. Au-delà, surélevé, le choeur des moines. En élévation, deux étages : grandes arcades surmontées d’un mur blanc (mais auparavant couvert de fresques), fenêtres hautes en tiers-point. En façade, l’éclairage est assuré par trois fines lancettes. A l’extrémité du choeur et des deux bras du transept, trois autres lancettes, mais sur montées d’une rose. L’ensemble rappelle le choeur et le transept nord de la cathédrale de Laon (Xlle s.). Dans les chapelles latérales, des fenêtres en triplets. En berceau brisé, la voûte de la nef principale, des deux bras du transept et du choeur est en bois et elle imite un ciel d’un bleu-nuit profond tout piqueté d’étoiles d’or. Celle du choeur est agrémentée d’anges en buste d’un dessin ravissant. La voûte des bas-côtés est d’ogive.

Les vitraux

Ceux du choeur, des transepts et de la façade sont à programmes, élaborés par les moines et Béthune. Ceux des chapelles latérales reproduisent les saints patrons des divers donateurs. Au chevet du choeur, la rose représente les choeurs des anges avec, au centre, la colombe du Saint-Esprit reçu par les douze Apôtres, le jour de la Pentecôte, glorifiés comme porteurs de l’Evangile au monde entier. Au transept nord (gauche) : le Christ est honoré dans le Saint-Sacrement. Le triplet et la rosace reprennent des thèmes liés à l’Eucharistie. Au transept sud : la Vierge est exaltée dans la dévotion du Rosaire, commémorant les Mystères de Notre-Dame. En façade : les fondateurs des grands Ordres religieux.


La tombe de Dom Marmion

Dans la seconde chapelle latérale gauche, se trouve la tombe du Bienheureux dom Marmion, troisième Abbé de Maredsous (1909-1923). Il fut béatifié par le pape Jean-Paul II le 3 septembre 2000 à Rome.