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Centenaire du Père Irénée

Homélie pour le 3e dimanche de Pâques prononcée dans la cathédrale de Strasbourg par dom Irénée Fransen le 18 avril 2021.

La Loi, les Prophètes et les Psaumes. Déjà, sur la route d’Emmaüs, pour réconforter les deux disciples, Jésus, commençant par la loi de Moïse et à travers tous les Prophètes, leur expliqua ce qui le concernait. Aujourd’hui, à cet ensemble, Jésus ajoute les Psaumes. Si l’on considère que la Loi est par excellence la Parole de Dieu, là où Dieu parle à l’homme, si l’on considère d’autre part que les Prophètes sont en quelque sorte la réponse des hommes à cette Parole, les Psaumes, eux, sont à la fois Parole de Dieu et paroles humaines. Ils nous parlent de Dieu, ils nous parlent des hommes dont ils expriment dans leur la prière leur peine, leur désarroi, leur attente : « Des profondeurs je crie vers Toi, Seigneur ; Seigneur, écoute mon appel. Que tes oreilles se fassent attentives au cri de ma prière ».

Pour Jésus les Psaumes sont familiers.

Dès le début de sa vie publique, il déjoue une insinuation du diable en lui rétorquant l’un de plus beaux chants du Psautier : « Il a donné ordre à ses anges de te garder en toutes tes voies ». Argumentant avec les Pharisiens sur la destinée des hommes il leur rappellera : « Vous êtes des dieux ». L’évangéliste Matthieu l’a bien saisi qui caractérise l’enseignement de Jésus : « J’ouvrirai la bouche pour enseigner en paraboles ; je révélerai les choses cachées depuis la création du monde ». Lors de son entrée à Jérusalem il justifiera les cris de la foule : « De la bouche des enfants et des nourrissons j’ai tiré une louange parfaite ». Après la dernière Pâque, il quitte le Cénacle en chantant les psaumes traditionnels du Hallel : « Rendez grâces au Seigneur car il est bon ; éternel est son amour ». Sur la croix il prie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné », psaume qu’il prie sans doute jusqu’au bout : « J’annoncerai ton nom à mes frères, dans la grande assemblée je te louerai. Il n’a pas détourné sa face de celui qui l’invoquait ; mais écoutant son cri il l’a exaucé ». Ses dernières paroles ne sont-elles pas, elles aussi, tirées d’un psaume ; « Seigneur, je remets ma vie entre tes mains ».

Mais plus encore que ces citations explicites, dans la vie comme dans l’enseignement de Jésus les psaumes apparaissent en filigrane. Lorsqu’il chasse les vendeurs du temple : « Ma maison est une maison de prière pour toutes les nations ». « Le zèle de ta maison me dévore ». Les évangélistes nous disent qu’il passait la nuit en prière : « Mon Dieu, toi mon Dieu je te cherche dès l’aurore ; mon âme a soif de toi ». Ou encore : « Mon âme attend le Seigneur, je suis sûr de sa Parole ; mon âme attend plus sûrement le Seigneur qu’un veilleur n’attend l’aurore ».

Telle est la prière de Jésus ; telle est la nôtre. Avant que nous priions les psaumes ; Jésus les a priés ; il les prie avec nous. Il nous accompagne et, grâce à ces paroles de tous les temps il ouvre nos cœurs et nous conduit vers le Père.

Plus que jamais faisons nôtre cette prière : « Je chanterai le Seigneur tous les jours de ma vie », Ou encore : « Je chanterai le Seigneur tant que je vivrai ». Amen.

Texte de référence : Luc 24, 44-49.

Écoutez l'entretien accordé par le Père Irénée à RCF Alsace à l'occasion de son centenaire :