Teksten om mee te nemen

Comment vivre la semaine sainte ?

Nous voici donc de nouveau au début d’une semaine sainte. Nous allons rappeler des moments pathétiques. Nous allons refaire le dernier parcours de Jésus. Nous allons mettre nos pas dans les siens, pas seulement pour visiter les lieux où il était, semant la bonne parole et faisant le bien autour de lui, mais pour vivre ces instants ultimes, dont Jésus sent bien qu’ils vont conduire jusqu’au bout la démarche qu’il a entreprise par amour du Père.

Comment éviter une simple reconstitution historique, artificielle ? Comment éviter de simplement se transporter en imagination, une vingtaine de siècles en arrière ? Les célébrations liturgiques doivent nous y aider. Sans doute n’est-ce pas inutile de nous souvenir du conseil que saint Paul donne aux Philippiens : ayez en vous les sentiments qui furent ceux du Christ Jésus. Il s’agit de nous laisser habiter par l’Esprit du Christ au moment où nous sommes invités à mettre nos pas dans les siens. Aborder ces étapes avec les dispositions qui ont été les siennes : aimer jusqu’au bout ; non pas ma volonté mais la tienne ; je remets mon âme entre tes mains ; je monte vers mon Père et votre Père.

 

Nous célébrerons, ce dimanche, l’accueil triomphal réservé lors de l’entrée à Jérusalem, avant de parcourir le récit de la Passion. Ceux qui mettaient leurs manteaux sous les pieds de Jésus devaient savoir qu’ils ne retrouveraient pas ce manteau, ou qu’ils le retrouveraient en piteux état. Ce qu’ils abandonnaient ainsi leur semblait peu de chose au regard de l’hommage qu’ils voulaient rendre à Jésus.

 

Voilà qui peut nous inspirer quelques questions au moment où nous voulons nous-mêmes nous joindre à la foule qui acclame Jésus. Quel manteau suis-je prêt à abandonner pour rendre hommage à Jésus ? de quelles branches suis-je prêt à me défaire pour joncher la route en signe d’acclamation ? En un mot, de quoi suis-je prêt à me défaire, même dans ce que j’ai de plus précieux, pour frayer un chemin d’honneur au Christ ? Nous lirons bientôt que Marie a répandu sur les pieds de Jésus du parfum de grande valeur, en pure gratuité, pour lui dire son attachement. Qu’avons-nous de précieux qui pourra dire notre amour gratuit ?

 

L’Evangile nous dit que tout cet enthousiasme suscite la question : quel est cet homme ? qui est-il pour qu’on lui fasse un tel accueil, une telle fête ? N’est-ce pas notre souhait à tous que notre façon de célébrer la semaine sainte suscite au moins la même question dans le monde d’aujourd’hui ? Quel est cet homme et qu’a-t-il fait pour que les chrétiens se mobilisent ainsi durant les jours de cette semaine sainte ? Quel est cet homme et qu’a-t-il fait pour que l’histoire de l’humanité en soit marquée de telle façon ? Quel est cet homme et qu’a-t-il fait pour qu’on parle de lui comme un sauveur ?

 

Susciter la question dans le monde d’aujourd’hui, mais peut-être d’abord et tout simplement dans notre cœur. Quel est cet homme pour que j’envisage de déployer mon manteau sous ses pieds ? Quel est cet homme pour que j’envisage de lui donner ma vie ?

 

Quel est cet homme pour qu’il ait donné sa vie pour moi, pour tous les hommes, pour toute l’humanité ?