Commentaires de la Règle de saint Benoît

(RB 23, 4) Punir, si c'est compris

4Si, malgré cela, il ne se corrige pas, qu'il soit excommunié, s'il comprend la gravité de la peine.

Saint Benoît ne cache pas la gravité de le peine de l'excommunication. Il ne s'y résout qu'après avoir épuisé tous les autres arguments et moyens. Pourtant, il conditionne son application par la compréhension qu'en aura celui qui en est frappé. Ainsi, il en exclura les enfants, les adolescents et ceux qui n'ont pas assez de jugement pour comprendre (chapitre 30).

Qui dira le trésor de pédagogie et l'abîme de respect qui se cachent dans cette ultime retenue ? Respect de la peine elle-même, qu'il ne veut pas déconsidérer par un recours disproportionné. Respect surtout de la personne qu'il a devant lui, en faisant appel à sa compréhension, autrement dit sa conscience.

Comprendre la gravité de la peine, c'est comprendre la gravité de la faute qui la motive. Est-ce interdit de penser que saint Benoît envisage un dialogue avec l'éventuel excommunié, précisément pour s'assurer de la qualité de la compréhension qu'il a de la situation ?

Aux dires de saint Thomas d'Aquin, obéir à une loi, simplement parce que c'est une loi, c'est avoir un comportement qui ne relève pas de l'humain. Appliquer une peine, simplement parce qu'elle est prévue, relèverait du même comportement. Saint Benoît en est très loin.